Mars 2010
Bonjour,
Cette année, timidement le printemps émerge. Après une journée de grande tempête, une atmosphère paisible imprègne la nature. Voilà des semaines que la grisaille plombe le ciel et parfois même nos esprits! Mais aujourd'hui il fait soleil. Toutes les couleurs changent et chatoient leurs plus belles nuances. Les visages s'illuminent, les oiseaux chantent leur joie, la Vie renaît. Ce changement radical d'atmosphère en quelques heures me surprend à chaque fois. C'est le Pouvoir magique et mystérieux du soleil. De tout temps, le soleil fut glorifié et même déifié pour sa lumière, sa chaleur, la vitalité qu'il nous offre. Oui, cet hiver fut long, peu lumineux et chargé d'évènements lourds et "bousculants" : la grippe H1N1, des cataclysmes de plus en plus nombreux et extraordinaires, une augmentation des troubles de la santé et surtout du cancer, une situation économique instable, bref un avenir plus qu'incertain. Nombreux se plaignent cet hiver du manque de lumière On pourrait dire qu'il y a de quoi perdre le moral et se laisser envahir par la morosité. Et si tout au contraire, ces évènements douloureux, toute cette grisaille, les contrariétés du quotidien, la maladie, la perte d'un être cher n'étaient qu'invitation à éveiller la Vie, notre propre soleil et notre propre Lumière. Une amie chère à mon cœur nous a quittés en février. Un cancer foudroyant. Elle avait trente neuf ans. C'était un rayon de soleil, pleine de vie, pleine de projets. Une fleur arrachée si brutalement en pleine floraison. J'ai eu la joie avec d'autres de l'accompagner sur ce chemin de départ. Oui, je parle de joie alors que j'ai traversé des états d'âme qui emplissent les bagages de tout humain incarné, de la peur de perdre à la tristesse, de l'impuissance au plus grand vide intérieur, de l'espoir au désespoir. Aujourd'hui, c'est la paix et même la joie qui m'emplissent et me surprennent. Je dis surprendre car jamais je n'aurais pu imaginer une telle sensation de paix et même de joie face à son départ. D'où me vient une telle légèreté que mon esprit n'aurait pu imaginer en de telles circonstances ? Maintes fois j'ai plongé dans mes tumultes intérieurs prenant le temps d'y demeurer tout simplement. J'apprends encore inlassablement d'apprivoiser ces courants qui m'emportent, me fracturent. A chaque fois je trouve au plus profond de ces abîmes une juste voix, celle qui parle à mon cœur. J'ai tant reçu à travers tout ce partage de vie. J'ai appris que lorsque tout disparaît, que notre santé, notre corps physique s'amenuisent, seul l'amour subsiste et vit plus que jamais. J'ai appris, encore et toujours, qu'en demeurant simplement avec ce qui est, avec mes larmes, ma tristesse, mes états d'âmes écartelés, tôt ou tard la brume se dissipe, le voile s'élève et la Lumière se révèle et étincelle. Mais aussi, que les larmes sont naturelles et évacuent la douleur, font fondre ma carapace, et contribuent à ma guérison. J'ai appris, une fois de plus, que ce n'est que dans cet état de pleine présence à soi, dans cette vérité extrême que je peux réellement être en présence de l'autre. J'ai appris à nouveau qu'en m'enfermant dans ma propre souffrance, je ne pleurais que sur moi-même, obnubilée par mes propres chimères et que là était ma véritable prison, ma vraie souffrance, la raison de mon esseulement. Oui, c'est dans cet esseulement et cet apitoiement de moi-même que je m'enferme, me cantonne dans mon univers me séparant de l'existence elle-même, de toute chaleur, de tout amour. J'ai appris que seul l'Amour fait fondre mes cuirasses et dissout toutes les frontières que je me suis bâties avec acharnement pour établir mon propre enfermement. Dans cet oasis intérieur, cette présence au cœur de moi, il n'y a plus de vide, de manque de l'autre mais que tout au contraire la communion, l'amour et la joie m'y désaltèrent. En présence de ce soleil matinal, je me sens pleine de gratitude envers cette amie de cœur et envers la Vie, Je vous souhaite à tous un printemps d'ouverture et de joie, Christiane
"…Les grandes souffrances sont potentiellement des moments de transformation majeure. Mais pour que la mutation s'opère, nous devons nous abandonner à la douleur et descendre jusqu'à ses racines, vivre l'épreuve telle qu'elle est sans auto-commisération.
La douleur et la souffrance ne devraient pas vous affliger. C'est une erreur courante… La douleur a une valeur, la tristesse est là pour nous rendre vigilant. Vous ne prenez conscience d'une chose que lorsque la flèche transperce votre cœur et vous blesse profondément. Sas cela, vous ne vous rendez compte de rien. Quand la vie est légère, facile, confortable, vous ne vous posez aucune question. Pourquoi essaieriez-vous de nettoyer le miroir de votre cœur conscient ? Mais quand un être cher meurt, une chance vous est donnée. Lorsque votre compagne vous quitte, l'obscurité tombe sur votre vie et la solitude vous torture. Vous aimiez cette femme, elle était le centre de votre vie et voici qu'elle a disparu. Votre douleur et vos larmes sont une occasion bénie de prendre conscience. Utilisez la flèche qui vous fait tellement mal.
La seule raison d'être de la douleur est de secouer votre sommeil. Quand l'intelligence consciente s'éveille, c'en est fini de souffrir...."
Extrait du Tarot Zen de Osho Rajneesh
|
Christiane SMEETS
Rue du Fosty 49 à 1470 Baisy-Thy tél / fax 067 773 290 Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. |



